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Accueil > Observatoire > Suivi en mer > Suivi aérien > REMMOA I - Sud-Ouest Pacifique

REMMOA Sud-Ouest Pacifique : 4eme volet des dénombrements aériens en outre-mer



REMMOA (Recensement des Mammifères marins et autre Mégafaune pélagique par Observation Aérienne) a démarré en Nouvelle-Calédonie. Conduite par l’Agence des aires marines protégées et coordonnée par l’Observatoire PELAGIS, elle s’inscrit dans le même cadre que les précédentes campagnes à savoir : "faire un état des lieux instantané de la mégafaune marine des eaux ultra-marines". S’étendant sur 3 mois, la campagne survole les eaux de Nouvelle-Calédonie puis celles de Wallis & Futuna. Elle permet de mieux connaître la distribution et l’abondance des espèces de mammifères marins, d’oiseaux marins, de tortues et des autres grandes espèces visibles en surface (requins, raies...) au large notamment.


La campagne est réalisée en partenariat avec les ONG chargées d’études et/ou de conservation de la nature. Certaines impliquées localement comme Waco me Wela (à Lifou), Opération Cétacés (à Nouméa) et la Société Calédonienne d’Ornithologie (SCO sur tout le territoire). D’autres structures sont également venues renforcer le pool d’observateurs, c’est le cas du GEMM présent en Polynésie française et l’association Evasion Tropicale en Guadeloupe.




Les secteurs étudiés représentent 536 000 Km² pour la Nouvelle-Calédonie et 234 000 Km² pour Wallis & Futuna, ils vont bien au delà des eaux territoriales et couvrent d’autant que possible les surfaces des Zones Economiques Exclusives de ces territoires (35 % pour la Nouvelle-Calédonie et 85 % pour Wallis & Futuna).


Les 350 heures de vols d’observations pour 63 000 km de parcourus sont réalisées à partir d’avions bimoteurs à ailes hautes (BN2) équipés de hublots bulles. La coordination aéronautique est assurée par Aero-sotravia en partenariat avec Unity Airlines. Après deux semaines de formation à Nouméa, les observateurs sont calés sur le protocole et familiarisés avec les 3 avions nécessaires à l’accomplissement de la mission. Les équipes se placent en fonction de l’avancement de l’échantillonnage qui est dépendant des conditions météo. Elles sont souvent réparties sur différents sites à Nouméa, Koumac, Wallis et avec quelques bases temporaires sur Lifou et Futuna.



 



 


Les résultats démontrent en premier lieu une diversité importante avec 17 espèces de cétacés qui ont été identifiées en Nouvelle-Calédonie en complément de l’emblématique dugong. Un relatif équilibre entre les observations de delphininés, de globicéphalinés et de grands plongeur est constaté. Pour la première fois dans cette zone le rorqual commun et le dauphin de Fraser ont pu être observés.



Dauphins de Risso vus au Sud-Ouest de l’Ile des Pins Dauphins de Fraser observés au large de Koumac.


Autour de Wallis et Futuna, ce sont 13 espèces de cétacés qui ont été identifiées (alors que seulement 2 y étaient connues). Les petits delphininés dominent le peuplement et cumulés aux globicéphalinés représentent les 3/4 des observations.


Carte brute des Mammifères marins observés en Nouvelle-Calédonie


Si globalement près de 250 observations de mammifères marins ont été collectées lors des transects, les autres espèces de la mégafaune marines relevées viennent s’ajouter à ce formidable jeu de données (en cours d’analyse).


Au final 70% des observations concernent les 9 700 détections d’oiseaux marins comptabilisées. Les pétrels et puffins en représentent les 2/3 en Nouvelle-Calédonie. Cette tendance s’inverse dans les eaux de Wallis & Futuna au profit des Gygis, sternes et noddis bien que les pailles-en-queue et fous soient aussi présents au large.


Carte brute des Oiseaux marins de la famille des sternes observés à Wallis et Futuna



Concernant les autres espèces, 200 observations concernent des chéloniens dont de nombreuses tortues à écailles vues dans les lagons et quelques tortues luth plus observée au-delà de la barrière récifale.


Avec plus de 400 observations, les raies et requins sont autant présents que les mammifères marins. En plus des raies manta, léopard et requins du lagon s’ajoutent, les diables de mer (raies), les requins océaniques, les requins-marteaux et quelques requins baleines.


Des observations se rapportant aux activités humaines ayant lieu dans la zone ont également été relevées, il s’agit des différents types de navires, de l’activité de pêche ou encore des macro-déchets flottants.
 



 


Les analyses préliminaires de ces données permettent de mettre en lien les nombres d’observations en fonction de l’effort exercé par kilomètre le tout figurant dans des mailles (grilles ci-dessous).


Taux de rencontre des Oiseaux marins (dessus) et Mammifères marins (dessous) sur la zone échantillonnée



Toutefois d’autres analyses se poursuivent afin de pouvoir quantifier les espèces en fonction de la surface parcourue mais en tenant compte des conditions de détection rencontrées (météo, observateur). Ceci permet de sélectionner les données avec un degré de finesse élevé et de réaliser des estimations d’abondance.
Une autre étape est la modélisation d’habitats à partir de ces résultats. Elle consiste à utiliser d’autres paramètres pertinents du milieu ou des espèces (par exemple température, profondeur, distance à la colonie) et de les confronter aux observations. L’intérêt étant de visualiser les zones les plus fréquentées par les espèces et de pouvoir les projeter sur de plus grandes étendues allant au-delà des secteurs survolés.


Ces résultats pourront aussi mettre en évidence les zones où existent des interactions fortes avec les activités humaines. Ils sont alors importants pour la connaissance des espèces mais aussi pour la gestion du milieu marin.


>>> plus d’informations sur le blog de la campagne REMMOA


 

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