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Suivi aérien


Suivi visuel de la mégafaune marine sur plateforme aérienne dédiée 


La conservation et la surveillance de la mégafaune marine (mammifères, oiseaux, tortues, poissons raies et requins) présentent de multiples enjeux, scientifiques, logistiques, et sociaux. En raison de capacités généralement limitées de reconstitution des populations, la meilleure stratégie de conservation de la mégafaune marine est donc basée sur la prévention et l’anticipation plutôt que la réparation des dégradations constatées. Ceci implique de disposer d’une situation de référence fiable et d’une stratégie de monitoring capable de détecter des changements limités. Pour disposer d’une telle situation de référence, la France a mené une politique ambitieuse d’acquisition de connaissance sur ces espèces à l’échelle d’une grande partie de sa Zone Economique Exclusive (ZEE), en développant les campagnes d’observation REMMOA et SAMM depuis 2008, dans un effort qui n’a pas d’équivalent au monde par son étendue géographique, mais qui reste un point de départ dans sa dimension temporelle.



Cette technique consiste à dénombrer les mammifères et oiseaux marins depuis les airs en volant à basse altitude. Elle a notamment l’avantage de pouvoir couvrir de grandes étendues très rapidement.


 


En France, le recensement de la mégafaune marine par avion a connu ses prémices lors de la campagne ATLANCET en été 2002 qui s’est tenue dans le golfe de Gascogne.


Depuis 2008, ce dispositif s’est développé dans les eaux d’outre-mer à travers le programme REMMOA (REcensement des Mammifères marins et autre Mégafaune marine par Observation Aérienne, AAMP/Observatoire PELAGIS). Enfin, il a été déployé sur l’ensemble des eaux de France métropolitaine en 2011/2012 dans le cadre du Programme d’Acquisition de Connaissances sur les Oiseaux et Mammifères Marins pour Natura 2000 en mer (campagnes SAMM pour Suivi Aérien de la Mégafaune Marine, DEB/AAMP/Observatoire PELAGIS).


Ces dernières campagnes reposent sur des protocoles similaires à ceux appliqués lors des campagnes dédiées aux cétacés telles que SCANS mais avec une dimension multi-spécifique. Les observations sont collectées selon un plan d’échantillonnage prédéfini et concernent les mammifères marins, mais également les oiseaux, les tortues, les grands poissons pélagiques, ainsi que certains paramètres liés aux activités humaines (navigation et déchets). 


Le protocole repose sur la mise en place d’un plan d’échantillonnage composé de transects en ligne, préférentiellement en zig-zag pour optimiser l’effort de prospection. La plateforme d’observation est composée de deux observateurs latéraux et d’un navigateur qui assure la saisie des données en direct, embarqués à bord d’un avion à ailes hautes et équipé de hublots-bulles.


La méthode employé par ce protocole est dite de line transect distance sampling et permet de produire des densités relatives en corrigeant les biais liés aux conditions d’observation (mais potentiellement liés à des biais de détection par l’observateur ou de disponibilité de l’animal en surface). La plateforme peut être doublée par deux observateurs supplémentaires, ce qui permet de corriger certains de ces biais et d’affiner les estimations d’abondance produites.


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