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Quand les échouages créent le buzz

Quand les échouages créent le buzz


Les échouages de mammifères marins sont régulièrement relatés dans les médias, la plupart du temps à travers des brèves dans la presse locale. Depuis l’année dernière, plusieurs sujets ont créé le buzz, plus ou moins voulu, et avec parfois des dérapages plus ou moins contrôlés dans les médias mais surtout au travers des réseaux sociaux, en voici les principaux :


Un dérapage contrôlé


Le principal événement relayé est sans aucun doute celui des échouages multiples de dauphins en lien avec les captures accidentelles dans le golfe de Gascogne.


« Les dauphins victimes collatérales des pêcheurs français » (Le Monde, février 2018)


« La France est un cimetière pour les dauphins  » (France Inter, hiver 2018)


L’intervention de certaines ONG a largement contribué à l’effervescence du sujet, et malgré des échanges musclés sur les réseaux sociaux et des titres « chocs », l’information diffusée dans les médias classiques était le plus souvent cohérente et toutes les parties concernées (pêcheurs, scientifiques, gestionnaires et ONG) ont eu la place de s’exprimer sur le sujet. Le grand public disposait donc des éléments pour établir son opinion.


 


Flirt avec la désinformation


Durant l’automne 2017, de nombreux dauphins s’échouaient également sur les côtes de Méditerranée. Ce phénomène n’était pas complétement inhabituel, pourtant de nombreux articles sont apparus sur la toile :


« Var : enquête après l’échouage de dauphins » (Le Figaro, octobre 2017).


« L’hécatombe marine continue dans le Var, des cétacés s’échouent mystérieusement. Les experts se divisent sur les causes » (Le Parisien, février 2018).


Certaines publications des médias ou postées sur les réseaux sociaux atteignirent les limites de la désinformation, avec un amalgame avec les échouages de l’Atlantique sur ton de polémique qui n’était pas le fruit de la communication du RNE, mais peut être bien de son absence.


 


La pression monte


Cette année, deux phoques ont été retrouvés échoués morts, délibérément abattus en région Hauts de France. Ce n’est malheureusement pas la première fois, puisqu’une dizaine de cas ont été recensés depuis 1990.


« Un phoque abattu au fusil de chasse dans le Pas-de-Calais » (L’Express, janvier 2018)


« La plainte d’une association après qu’un phoque a été abattu au fusil » (BFMTV, mai 2018)


Le premier cas de janvier aurait pu passer inaperçu, mais un second phoque, retrouvé au Touquet au mois de mai, a fait réagir les associations et les médias ont exposé les faits sans équivoques. Sur les réseaux sociaux, la pression est montée et les échanges ont souvent dérapé, parfois à la limite de la désinformation. Cela n’a évidemment pas apaisé le climat déjà bien tendu autour des phoques dans cette région.


 


Les événements d’échouage sont souvent porteurs d’une forte charge émotionnelle. Il est ainsi fréquent dans les médias et particulièrement sur les réseaux sociaux de se laisser aller à l’exagération des faits ou la stigmatisation de certains acteurs. Au travers de ces trois exemples, différentes situations ont été observées : depuis l’analyse relativement complète (malgré des titres virulents) des échouages multiples de dauphins communs dans le golfe de Gascogne, jusqu’à l’amplification et la désinformation autour des dauphins dans le Var ou des phoques des Hauts de France.


Si la médiatisation de ces événements peut être porteuse d’un élan d’action et d’une prise de conscience générale de l’opinion publique sur ces sujets souvent méconnus, elle peut aussi être source de conflits et envenimer des situations déjà délicates.


Ainsi, en tant que membres actifs du Réseau National Echouages, et donc souvent en première ligne des sollicitations de médias, il revient à chacun le droit de s’exprimer sur les sujets qu’il connait. Mais les expériences récentes nous suggèrent de garder la vision la plus objective possible des événements, et de ne pas oublier que certains propos sortis de leur contexte peuvent avoir des conséquences délétères.

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