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Des échouages de dauphins communs en nombre sur la façade Atlantique


Depuis le 3 février, près de 190 cétacés échoués ont été recensés sur la côte atlantique et le phénomène se poursuit toujours. L’Observatoire PELAGIS et les correspondants du Réseau National Echouages (RNE) enregistrent un signalement élevé dauphins échoués morts sur la côte atlantique et principalement sur les départements de la Vendée et de la Charente-Maritime.


Comme le montre le graphique ci-dessous le phénomène a été particulièrement intense suite aux tempêtes « Leiv » et « Marcel » ayant balayé la côte Atlantique entre le 3 et le 5 février. Les jours suivants, 160 dauphins ont été évacués des plages par les services communaux de Vendée et de Charente-Maritime. La plupart a pu être examiné soit par un correspondant du RNE soit par l’équipe de l’Observatoire PELAGIS.



 


 Nombre d’échouages enregistrés à l’Observatoire PELAGIS entre le 1er et le 10 février 2017, du département de la Loire Atlantique à celui de la Gironde.


 


Plus de 98 % des échouages concerne une seule espèce : le dauphin commun. L’état des carcasses indique que la mortalité de ces dauphins s’est étalée sur plusieurs jours, et que les animaux étaient morts depuis 3 à 15 jours avant leur découverte à la côte. Parmi les animaux directement examinés, une grande majorité comportait les traces d’une capture accidentelle dans un engin de pêche.



 


Examen de 13 dauphins communs échoués en Vendée (Brétignolles sur Mer - 7 février 2017)


 


 


 


Les tempêtes ne sont donc pas responsables de la mort des animaux elles n’ont eu pour effet que de rendre visible cette mortalité en concentrant les échouages sur une période très courte.


L’Observatoire PELAGIS procède à des observations complémentaires et des prélèvements réalisés au cours d’un examen approfondi. Ces investigations ont porté sur 68 animaux depuis le début de la semaine et 85 % des examens ont confirmé sans aucun doute la cause de mortalité par capture accidentelle dans un engin de pêche. Ces observations et prélèvements effectués au cours des examens sont autant d’informations qui serviront à mieux comprendre les circonstances de leur capture et l’effet de cette mortalité supplémentaire sur la population. 



 


Collecte de prélèvements sur des dauphins communs échoués dans le sud de la Charente-Maritime (La Tremblade - 7 février 2017)


 


 


CE PHENOMENE EST-IL EXCEPTIONNEL ?


Le phénomène actuel correspond à 30 fois le niveau normal d’échouage sur nos côtes. Rappelons que l’échouage de mammifères marins est un processus observé tout au long de l’année : les animaux morts en mer dérivent avec les vents et les courants et peuvent ainsi être poussés à la côte, comme toutes les épaves flottantes. Sur la façade atlantique, on enregistre habituellement environ 200 à 500 échouages de dauphins par an. Néanmoins, les événements de mortalité extrêmes ne sont pas nouveau. Depuis les années 90, des échouages multiples de niveau très supérieurs à la norme saisonnière et concentrés sur une courte période sont apparus.



Sept précédents événements de mortalité extrêmes de dauphins observés sur la côte atlantique sur la période 1990-2015 (date et nombre d’échouages)


 


CONNAIT-ON L’ORIGINE DE CES CAPTURES ACCIDENTELLES ?


Depuis les années 1990, les interactions avec la pêche au chalut pélagique en bœuf sont mises en cause dans ce phénomène d’échouages multiples, principalement lorsque le bar ou le thon sont les espèces cibles. D’autres métiers sont peut-être aussi concernés. Des observations réalisées à bord des chalutiers pélagiques au cours de plusieurs programmes ont confirmé l’existence de ces captures accidentelles.


 


Dauphins communs et bars sélectionnent les mêmes espèces de proies ce qui pourrait les amener à se retrouver ponctuellement aux mêmes endroits où peuvent aussi figurer les bateaux de pêche. Lors de ces phénomènes le risque de capture est important.


 


 


LA POPULATION DE DAUPHINS COMMUNS DU GOLFE DE GASCOGNE EST-ELLE MENACEE ?


Aujourd’hui nous avons une meilleure idée des effectifs de dauphins communs qui vivent au large de nos côtes. Néanmoins, des informations manquent toujours pour répondre précisément à cette question et évaluer réellement l’impact de cette mortalité accidentelle devenue récurrente.


Depuis 2002, la Politique Commune des Pêches demande aux Etats Membres de fournir une évaluation des captures accidentelles de mammifères marins. Mais devant les difficultés de mise en œuvre des programmes d’observateurs embarqués, l’utilisation d’autres sources de données semble indispensable.

Problème, les résultats diffèrent : selon une étude basée sur la modélisation de la dérive des animaux échoués durant les périodes d’échouages multiples, les estimations de mortalité atteignent près de 4 000 individus par an en moyenne sur le plateau du golfe de Gascogne et en Manche-ouest, alors que les estimations maximales issues des programmes d’observateurs sont de seulement 400 individus par an pour les flottilles françaises. Comme on peut s’y attendre, les conséquences pour la conservation des dauphins communs seraient assez différentes selon les estimations envisagées : les estimations fournies par les programmes d’observateurs suggèrent un niveau de capture acceptable, alors que celles issues des échouages indiquent une mortalité liée aux captures supérieure au seuil soutenable pour la population.



Selon les programmes de recensement SAMM et SCANS, il y aurait 100 000 dauphins communs en été et 200 000 en hiver répartis dans une zone allant du sud golfe de Gascogne à la Manche ouest.


 


QUELLES PROPOSITIONS POUR REDUIRE CES MORTALITES ACCIDENTELLES ?


Les propositions pour réduire les captures accidentelles doivent s’inscrire dans une philosophie de gestion durable des écosystèmes marins et de leurs ressources. Il est illusoire de fixer un objectif de zéro capture accidentelle mais il est nécessaire de maintenir ces captures à un niveau qui permet au moins le maintien des populations de dauphins.


Ces propositions doivent être discutées et élaborées en collaboration avec la profession. Pour réduire les captures accidentelles, il existe de nombreuses pistes notamment technologiques (engins modifiés, répulsifs acoustiques) ou d’adaptation de la stratégie de pêche en s’appuyant sur la connaissance des circonstances environnementales qui augmentent les risques de captures accidentelles. Aujourd’hui aucun programme de mitigation n’est financé pour avancer sur ces questions.


>> Plus de précisions avec l’article complet et les références


Quelques reportages (France 3 / BFM tv)


 


 

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