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Le Chlordécone contamine-t-il les cétacés des Antilles ?

Le Chlordécone contamine-t-il les cétacés des Antilles ?


Le Chlordécone, insecticide organochloré toxique amplement utilisé dans les Antilles pour lutter contre le charançon des bananiers fait toujours polémique dû à ses effets néfastes sur la santé humaine. Ce dernier a été analysé chez plusieurs espèces de cétacés des Antilles françaises. L’étude a été menée par l’équipe de l’Observatoire Pelagis en collaboration avec l’Université de São Paulo (Brésil) et l’Université International de Floride (USA). Les prélèvements provenaient de biopsies et d’animaux vivants.



Cette étude montre avec surprise des concentrations faibles chez les 4 espèces analysées à savoir le Grand cachalot, le Dauphin de fraser, le Dauphin tacheté pantropical et le Pseudorque.



Résultat surprenant, car des concentrations élevées étaient attendues, notamment parce que les mammifères marins sont des prédateurs supérieurs qui accumulent de fortes concentrations de polluants organiques persistants (comme la chlordécone). Cette hypothèse tenait en partie car ce type de polluant est peu biodégradable et qu’il se concentre tout le long de la chaine trophique. Puis qu’il est lipophile, c’est-à-dire qu’il a une forte affinité pour les tissus avec de hautes teneurs en lipides, comme c’est le cas pour le lard des mammifères marins.



Il apparait que la molécule de chlordécone a probablement ici un comportement un peu différent. D’ailleurs d’autres études réalisées chez l’homme et d’autres espèces d’élevage montrent des concentrations plus importantes dans des tissus comme le foie ou encore le muscle. Aussi, cette molécule se métaboliserait assez bien (contrairement à d’autres polluants organiques persistants) ce qui pourrait signifier qu’elle serait présente sous la forme de ses métabolites, comme le chlordecol (CLD-OH), chez les espèces analysées. De même, la plupart des mammifères marins se trouvent dans le milieu océanique à l’écart des sources côtières de chlordécone, et cela peut expliquer les faibles concentrations trouvées par rapport à d’autres espèces plus côtières comme les poissons et les tortues marines analysées au cours d’autres études.




Concentrations trouvées chez les 4 espèces. Le Pseudorque (Pc) comporte des concentrations plus élevées alors que la variabilité de données apparait importante chez le cachalot (Pm)



Il parait alors souhaitable de poursuivre ces recherches et pour confirmer ses résultats avec d’autres analyses de chlordécone et de ses métabolites mais cette fois-ci dans le foie des mammifères marins échoués morts dans les Antilles depuis 1993.


Plus d’info dans l’article : Méndez-Fernandez P., Kiszka J., R. Heithaus M., Beal A., Vandersarren G., Caurant F., Spitz J., Taniguchi S., C. Montone R. (2018). From banana fields to the deep blue : Assessment of chlordecone contamination of oceanic cetaceans in the eastern Caribbean.

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