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L’échouage en masse de globicéphales noirs sur la plage de Calais : les investigations se poursuivent mais la thèse d’un problème d’orientation reste la plus probable


Rappel des faits : Le 2 novembre 2015, 10 globicéphales noirs étaient découverts échoués à marée descendante sur la grande plage de Calais (voir l’article précédent). Services municipaux, services de l’Etat (sapeurs-pompiers) et correspondants du RNE (Réseau National Echouages) se sont rapidement mobilisés pour remettre à l’eau et sauver les trois individus encore vivants . Ces animaux n’ont pas été re signalés ces derniers jours.


Des observations en mer ont précédé l’échouage : le 28 octobre le groupe était observé à proximité du port de Scheveningen aux Pays Bas, puis la veille de l’échouage le groupe était signalé au large de Blériot-plage. Les deux observations témoignent d’animaux regroupés, très serrés les uns aux autres et pour la plupart tête hors de l’eau (spyhopping). Ce comportement pour cette espèce est qualifié soit de curiosité, soit de protection du groupe, notamment lorsque les animaux sont exposés à un risque potentiel. >> voir la video


Les investigations sur la cause de l’échouage


Le mardi 3 novembre, des équipes de l’Observatoire PELAGIS (Université de La Rochelle/CNRS et coordinateur scientifique du RNE) et de l’Université de Liège ont rejoint les correspondants locaux du RNE (Coordination Mammalogique du Nord de la France et LPA de Calais) afin de réaliser les examens et les prélèvements sur les animaux morts.



© Willy Dabin / Observatoire PELAGIS


Les investigations sont toujours en cours, mais les premières observations semblent écarter l’hypothèse d’un ou plusieurs individus atteints d’une pathologie qui aurait pu conduire le groupe à s’échouer. Le groupe était composé de 8 adultes et 2 jeunes, 6 mâles et 4 femelles, tous présentant une bonne condition. Les examens réalisés sur les 7 individus morts, adultes de tailles comprises entre 4m10 et 5m35, n’ont pas révélé d’état sanitaire dégradé. Des prélèvements seront analysés les prochaines semaines afin de confirmer ces premières observations.


Dans le même temps, un lien éventuel avec des activités anthropiques dans la zone était recherché. Les autorités françaises, anglaises, belges et néerlandaises ont été contactées et les retours tendent à écarter l’hypothèse d’un accident acoustique lié à une activité humaine bruyante dans la zone (de type militaire, chantier maritime, campagne sismique, etc.).


La cause la plus probable


Les marins le savent, les fonds marins dans le sud de la mer du Nord et la zone du détroit de Calais-Douvres sont particulièrement compliqués pour la navigation. Ils sont peu profonds et présentent de nombreux bancs de sables formant de véritables barrières dans des eaux turbides.


Le globicéphale noir s’approche parfois des côtes, mais c’est une espèce principalement océanique. Il utilise l’écholocation pour se repérer et naviguer, mais ce système fonctionne mal sur des fonds sableux et en pente douce, l’écho est mal perçu. Il semblerait donc que la cause la plus probable de l’échouage soit liée à un accident de navigation dans un environnement difficile pour une espèce qui évolue habituellement dans des eaux plus profondes.


 



© Hélène Peltier / Observatoire PELAGIS


 


 


 

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